Histoire d'Opel : de Rüsselsheim à l'ère électrique

De l'atelier de machines à coudre d'Adam Opel à la Corsa-e, plus de 160 ans d'industrie automobile allemande.

Avec plus de 160 ans d'existence, Opel est l'un des plus anciens constructeurs automobiles encore en activité. Né en 1862 dans une petite ville de Hesse, le manufacturier allemand a traversé deux guerres mondiales, deux changements d'actionnaire majeurs et plusieurs révolutions industrielles. Reste, aujourd'hui, une marque populaire ancrée dans le quotidien européen, portée par des modèles comme la Corsa, l'Astra ou le récent SUV Mokka, et désormais intégrée au géant Stellantis aux côtés de Peugeot, Citroën et Fiat.

Origines : Adam Opel et la fondation à Rüsselsheim

L'histoire débute en 1862 lorsque le mécanicien Adam Opel ouvre un atelier de machines à coudre à Rüsselsheim, dans la région du Rhin-Main. L'entreprise prospère rapidement et devient à la fin du XIXᵉ siècle l'un des principaux fabricants européens du secteur. À partir de 1886, la firme se diversifie dans la bicyclette, qui connaît alors un véritable engouement, et en produira plusieurs millions d'exemplaires au fil des décennies. Cette double activité, à la fois industrielle et grand public, forge la culture maison : ingénierie soignée, prix accessible et large diffusion.

Des machines à coudre aux premières automobiles

La transition vers l'automobile s'amorce à la fin des années 1890, après la mort du fondateur. En 1898, ses fils acquièrent les brevets de l'ingénieur Friedrich Lutzmann et lancent la première voiture estampillée Opel. Le manufacturier monte en puissance dans les années 1900, présente plusieurs gammes de véhicules de tourisme, puis exploite à partir de 1902 une licence du français Darracq. Les modèles d'avant-guerre proposent des motorisations modestes, de 12 ch à 40 ch, conçues pour une clientèle bourgeoise. En 1920, la firme reconstruit son outil industriel et devient en 1924 le premier constructeur allemand à produire à la chaîne, sur le modèle américain. La compacte « Laubfrosch » (grenouille verte), proposée à un tarif inédit, démocratise l'automobile en Allemagne.

Croissance industrielle et rachat par General Motors

Cette montée en cadence attire l'attention des Américains. À partir de 1928, General Motors prend une participation, puis acquiert la totalité du capital en 1929. Le constructeur de Rüsselsheim devient ainsi la branche allemande du groupe, et le restera durant près de quatre-vingt-dix ans. Le rapprochement avec la marque britannique Vauxhall Motors, déjà filiale de GM, permet de mutualiser plates-formes et moteurs. Cette intégration internationale donnera lieu à de nombreux modèles partagés sous deux étiquettes différentes selon le marché. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'usine de Rüsselsheim est lourdement bombardée. Reconstruit dans les années 1950, le manufacturier accompagne l'essor du miracle économique allemand et étend sa production en Europe, avec notamment l'ouverture du site de Bochum en 1962.

Modèles populaires d'une marque grand public

Plusieurs voitures ont marqué la mémoire collective européenne. L'Ascona, lancée en 1970 et déclinée jusqu'à la version Ascona 16, est une référence des berlines familiales des années 1970-1980. La Manta, son dérivé coupé, séduit toute une génération d'amateurs. Du côté des compactes, la Kadett, puis l'Astra qui lui succède en 1991, s'installent durablement face aux Volkswagen Golf et Renault Mégane. La Corsa, dévoilée en 1982, devient l'une des citadines les plus diffusées du continent. Côté haut de gamme, la Vectra puis l'Insignia représentent la firme sur le segment des berlines familiales hautes. Le coupé GT de 1968, longtemps surnommé « la petite Corvette », demeure une icône recherchée. Pour évaluer ces modèles d'occasion, la cote argus Opel permet de cadrer rapidement leur valeur.

Présence en compétition automobile

La firme allemande s'est aussi illustrée en sport. Dès 1923, elle développe la RAK 2, prototype propulsé par moteur-fusée, qui dépasse les 200 km/h sur l'AVUS et marque durablement les esprits. Plus tard, l'Ascona 400 et la Manta 400 brillent en rallye au début des années 1980, décrochant un titre mondial pilote en 1982 avec Walter Röhrl. L'Astra Kit Car puis les berlines DTM portent ensuite les couleurs du constructeur en circuit, avec plusieurs titres en championnat allemand de tourisme dans les années 1990. Sans rivaliser avec les écuries premium, le groupe a maintenu une présence régulière dans les championnats clients européens, et continue d'animer la coupe Astra eRally réservée à ses citadines électriques.

De PSA à Stellantis : le virage électrique

Après plusieurs exercices déficitaires, General Motors cède sa filiale européenne au groupe PSA en 2017. Le rapprochement permet une bascule rapide sur les plates-formes franco-allemandes, et la marque renoue avec la rentabilité dès l'année suivante. En 2021, la fusion PSA-FCA donne naissance à Stellantis, dont l'enseigne devient l'une des quatorze marques. Sur le plan produit, la transition électrique s'incarne dans la Corsa-e, le Mokka-e puis l'Astra Electric, partageant techniques et batteries avec leurs cousines Peugeot et Citroën. Pour comparer ces modèles à la concurrence, vous pouvez consulter notre guide d'achat voiture d'occasion, ou parcourir directement les Opel d'occasion proposées sur le site. Pour aller plus loin, le site officiel Opel France documente la gamme actuelle, l'article Wikipédia détaille la chronologie complète et L'argus suit l'actualité produit.